Comportements perturbateurs et anxiété

Lorsque les enfants ont des comportements perturbateurs pour dissimuler leur anxiété.

Notre fille de huit ans adopte des comportements plus difficiles depuis quelques semaines : elle crie, pleure de manière incontrôlée, refuse de faire ses devoirs et nous dit ne plus vouloir aller à l’école. Elle n’a jamais présenté ce type de comportement auparavant. Ceci a débuté peu avant une période d’examens ; elle est pourtant bonne à l’école et n’a jamais eu de difficultés académiques.

Le stress et l’inquiétude surviennent lorsque le cerveau perçoit une situation problématique, qu’elle soit réelle ou non. Le corps est alors automatiquement et naturellement envahi d’hormones et d’adrénaline afin de combattre ou fuir cette menace. Par contre, les réponses aux stresseurs sont exacerbées chez les individus anxieux lors de situations nouvelles, menaçantes, difficiles ou inconnues. Le cerveau déclenche alors un état d’alerte juste au cas où une menace surviendrait, ou bien il le fait de manière trop importante ou non-nécessaire pour le stresseur auquel l’individu est confronté. Le fait que le corps n’ait pas à se mettre en action ni à fuir une situation crée une montée rapide et une accumulation d’hormones dans le corps, engendrant l’apparition de symptômes physiques : maux de ventre, rythme cardiaque accéléré, tremblements, nausées, etc. Des comportements agressifs et oppositionnels peuvent notamment être générés par l’anxiété, qu’elle soit reconnue ou non par l’enfant. Si la réaction typique de l’enfant anxieux serait de figer ou de fuir, d’autres sont portés à vouloir affronter la situation stressante en réponse à un cerveau en alerte et à un niveau d’anxiété accru, ce qui donne lieu à des comportements plus perturbateurs.

La survenue des comportements perturbateurs peut prendre de court et être difficile à comprendre. Or, en ayant essayer de comprendre ce qui se passe chez l’enfant et ce qui a suscité le comportement, on peut mieux accompagner celui-ci vers la recherche de stratégies pour surmonter son anxiété et prévenir la survenue de comportements moins appropriés.

Différentes interventions peuvent être mises en place afin de soutenir l’enfant:


  • Faire attention à nos propres réactions : les enfants sont sensibles et ont tendance à imiter ce qu’ils observent chez leurs parents. Ainsi, en réagissant avec calme à une situation stressante, l’enfant aura tendance à en faire de même
  • Offrir des réponses constantes, cohérentes et prévisibles : ceci réduit le stress ressenti par l’enfant car il a une meilleure idée de ce qui est attendu
  • Aider l’enfant à comprendre ses réactions en lui expliquant comment elles peuvent survenir : en sachant ce qui se passe dans son cerveau, de manière vulgarisée, pour savoir ce qu’il peut faire. Le fait de comprendre et de se sentir compris est important pour que l’enfant sache ce qu’il peut changer
  • Reconnaître les forces et les limites de l’enfant : chaque enfant est différent et tous ne réagissent pas de la même manière à un stresseur, il est donc primordial de s’appuyer sur leurs forces pour les aider à surmonter des défis
  • Donner une attention aux comportements positifs : l’enfant qui est souvent en colère ou agressif aura tendance à recevoir plus d’attention pour ses comportements perturbateurs. Si nous voulons qu’un enfant développe sa confiance en soi et sa capacité de changement, nous devons lui refléter ce qu’il fait de bien ainsi que ses comportements appropriés

Voici quelques interventions à faire avec l’enfant:

  • Prendre des respirations profondes : ceci a des propriétés sur le cerveau frontal et a un effet calmant permettant de réduire l’anxiété
  • Avoir des pensées « puissantes » que l’enfant peut se répéter, afin d’exercer un certain contrôle sur la situation stressante (par exemple, « je suis capable », « tout va bien aller »)
  • Nommer l’émotion et le déclencheur : ceci permet d’apprivoiser l’émotion et de faire des connections dans le cerveau. Lorsqu’elle surviendra à nouveau, elle sera plus connue

Il est important de mentionner que divers symptômes peuvent être associés à divers diagnostics ou défis. Ainsi, les manifestations de l’anxiété ne sont pas exclusives et elles peuvent comporter des symptômes associés à d’autres troubles, tels que l’opposition ou l’agressivité pour ne nommer que ceux-ci. Il convient donc d’avoir une bonne compréhension de la situation et de l’enfant afin de bien cerner comment lui venir en aide.

Une psychologue, psychoéducatrice ou travailleuse sociale se fera un plaisir de vous aider. Pour plus d'informations, n’hésitez pas à contacter le département des services familiaux et scolaires au 450-687-6888 ext. 113 ou au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Références:
Leyba, E. (2017). Not Naughty: 10 Ways Kids Appear to Be Acting Bad But Aren't. Repéré à https://www.psychologytoday.com/us/blog/joyful-parenting/201705/not-naughty-10-ways-kids-appear-be-acting-bad-arent

Miller, C. (2019). How Anxiety Leads to Disruptive Behavior. Repéré à https://childmind.org/article/how-anxiety-leads-to-disruptive-behavior/

Young, K. (2019). 18 Important Things That Kids With Anxiety Need to Know. Repéré à https://www.heysigmund.com/kids-with-anxiety-need-to-know/

Young, K. (2019). Anxiety or Aggression? When Anxiety in Children Looks Like Anger, Tantrums, or Meltdowns. Repéré à https://www.heysigmund.com/anxiety-or-aggression-children/

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